Le roi David jouant de la harpe
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Voici un extrait de « Psaumes et cantiques », aux éditions Diaconie Apostolique, 1990, qui donne quelques précisions sur la manière de psalmodier dans la tradition byzantine.

Guide pour le chant des psaumes
dans la tradition byzantine

 Dans le contexte des Vêpres, des Matines ou des Heures, il n’est pas d’usage de chanter les divisions du psautier qui s’ajoutent à l’office divin comme « lecture courante ». En ce cas, les psaumes sont lus, ou plutôt « cantilés », par un seul lecteur (au besoin, s’il y a plusieurs cathismes et que la communauté est nombreuse, on peut faire appel à deux ou trois lecteurs qui se relaient dans la lecture des cathismes). De même, si le psautier est lu en présence d’un défunt, pendant la veillée funèbre, il ne convient pas de le chanter, mais il faut le lire à faible voix.

 Par contre, si le psautier ou une division du psautier constitue un office en soi-même, c’est-à-dire lorsqu’à défaut d’autre possibilité on célèbre un office composé des prières initiales, d’un cathisme du psautier, des tropaires et de l’oraison finale, il n’est pas interdit d’avoir recours à une psalmodie chantée.

 Pour cela, nous indiquons une manière courante de chanter les psaumes, celle qu’on utilise encore de nos jours, dans les églises russes, lorsqu’au début de la Liturgie eucharistique les Typiques sont remplacés par les Antiennes, en particulier pour les grandes fêtes. Pour ceux qui n’y seraient pas encore initiés, nous renvoyons à nos œuvres musicales publiées aux éditions de Chevetogne : Psaumes et Graduels, pages 15-16, Carême et Semaine Sainte, pages 14, 26-29, 50-52, et Fêtes fixes, pages 16-18, 39-40, 57-59, 83-84, 106-107, 122-123, 139-141, 156-157, 184-185.

 C’est un mode facile, qui s’adapte à tout verset, qu’il soit composé de deux ou trois membres, et à toute désinence d’hémistiche, qu’elle soit « masculine » ou « féminine », comme on dit en poésie, c’est-à-dire que l’accent tonique final soit sur la dernière syllabe de l’hémistiche ou bien sur l’avant-dernière, celle qui précède l’e muet.

 Au début de l’hémistiche, la mélodie dépend du texte, selon la place du premier accent tonique : s’il se trouve sur la 3e syllabe (par exemple : « Leur gosier », on chante sol, la, si ; s’il se trouve sur la 2e syllabe (par exemple : « leur langue » ou « exauce »), on chante sol, si, en sautant la 2e note de la mélodie ; s’il se trouve sur la 1e syllabe (par exemple : « Use de grâce envers moi » ou « Qui de Sion ... ? »), on chante tout de suite si, en sautant les deux premières notes. Et si le premier accent tonique se trouve au-delà de la 3e syllabe (par exemple : « Acclamez Dieu » ou bien : « Ta miséricorde, Seigneur »), on répète le sol initial sur les premières syllabes jusqu’à rencontrer le la de la syllabe qui précède l’accent tonique (si).

 Dans le premier hémistiche (et dans le second si le verset est divisé en trois), l’avant-dernier accent tonique (sur do, avec le plus souvent la valeur d’une blanche) est préparé par deux syllabes (sur les notes la, si), elles-mêmes précédées (sur le si) par un nombre variable de syllabes, celles qui suivent le premier accent tonique. Quant au dernier accent tonique, il se chante sur le si (exemples : béant, envers moi, pour le bien, chancela, etc.) et les syllabes en nombre variable qui le précèdent se chantent sur la note de l’avant-dernier accent tonique, le do. Dans le cas d’une désinence « féminine », on passe directement du do à valeur de blanche (en ce cas dernier accent tonique) au si de l’e muet qui termine l’hémistiche (exemples : ai-les, chan-te, parfai-te, frémi-rent, ter-re).

 Dans l’hémistiche final, le début suit les mêmes règles que pour le premier hémistiche. Une fois arrivé au si, on le répète sur les syllabes (en nombre variable) qui suivent, jusqu’à rencontrer la syllabe qui précède l’avant-dernier accent tonique (là, on a deux possibilités : descendre sur le sol pour les solistes ou les chœurs à voix égales, ou bien garder la note précédente pour les chœurs mixtes) ; puis l’on tient le la sur les syllabes (en nombre variable) qui précèdent l’accent tonique final (soi). Là aussi, dans le cas d’une désinence « féminine », on passe tout de suite du la à valeur de blanche (en ce cas, dernier accent tonique) au sol de l’e muet qui termine l’hémistiche (exemples : mon â-me, priè-re, les â-mes, louan-ge).

 Parfois le nombre des syllabes est inférieur à celui des notes de la mélodie : en ce cas, on la réduit aux éléments essentiels qui permettent de chanter les deux derniers accents toniques de l’hémistiche (voir les exemples : « Garde-moi, Seigneur », « L’insen dit en son cœur » et « louange d’Israël »).

 Dans certains cas, une note qui devrait avoir, dans la mélodie, la valeur d’une noire peut être allongée en blanche et vice versa, pour les besoins de la diction (ainsi dans l’exemple : « de longs jours je veux le rassasier », les mots « jours » et « veux », qui occupent respectivement la place d’une noire et d’une blanche, se chantent sur une blanche et une noire). Pour ces cas, relativement rares, il n’y a d’autres règles que celles d’une bonne lecture.

 A propos de lecture, il faut savoir que les astérisques (*) et les alinéas sont des divisions prévues surtout pour le chant. Quant à la croix (†) séparant les deux « Seigneur » dans le psaume 129 [du psautier de tradition byzantine], elle est là pour faire respecter la virgule entre les deux vocatifs (l’un faisant partie de la subordonnée, l’autre de la principale) aussi bien dans le chant que dans la lecture.

 Selon les possibilités de l’assemblée, on peut chanter à une, deux, trois ou quatre voix, à chœur unique ou à chœurs alternés ; ou bien, si l’on préfère, en faisant alterner un soliste (qui prend la 2e ou la 1e voix de l’harmonisation) et un chœur à deux (2e et 4e, 1e et 2e, 1e et 3e, ou 1e et 4e), à trois (1e, 2e, 3e, ou 2e, 3e, 4e ou encore 1e, 2e, 4e) ou à quatre voix. Il y a aussi, pour chœur unique à voix égales, la possibilité de faire « naviguer » la mélodie, d’un verset à l’autre, entre les 1rs-2es ténors et les barytons-basses. Dans un chœur mixte, elle passe des soprani-ténors aux ténors-basses.

 Enfin, pour ceux qui voudraient faire un office avec des odes, hors des matines, nous donnons la mélodie de leurs refrains. Pour de courtes odes, on chante les versets comme pour les psaumes. Si l’ode est assez longue, le lecteur cantile les versets et le chœur chante le refrain après un ou plusieurs versets. Après chaque verset, ou seulement après les versets numérotés, on peut, si l’on veut, remplacer le refrain par les strophes d’un canon de pénitence ou de dévotion.

Exemples musicaux




Refrains des odes


Extrait de « Psaumes et cantiques », 1990, aux éditions Diaconie Apostolique.

 

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