Le roi David jouant de la harpe
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« Le psautier devrait déjà nous être précieux et cher pour cette seule raison qu’il annonce très clairement la mort et la résurrection du Christ, et qu’il figure son royaume et l’état et la vie de la chrétienté Lire la suite...tout entière. Il mériterait pour cela le titre de petite Bible, renfermant, en un très beau et très bref résumé, tout le contenu de la Bible, transformé et converti en un magnifique enchiridion ou manuel. J’estime que le Saint-Esprit a voulu se charger lui-même de la peine et composer une brève Bible et un livre d’exemples concernant toute la chrétienté ou tous les saints, afin que, si quelqu’un était dans l’impossibilité de lire la Bible entière, il possédât néanmoins dans le psautier presque toute la somme de l’Écriture, résumée en un petit livret. » Martin Luther

Psaume 101 (hébreu 102)

Ils passent. Tu demeures

 
2
Seigneur, entends ma prière :
 
 
que mon cri parvienne jusqu’à toi !
 
3
Ne me cache pas ton visage
 
 
le jour où je suis en détresse !
 
 
Le jour où j’appelle, écoute-moi ;
 
 
viens vite, réponds-moi !

 
4
Mes jours s’en vont en fumée,
 
 
mes os comme un brasier sont en feu ;
 
5
mon cœur se dessèche comme l’herbe fauchée,
 
 
j’oublie de manger mon pain ;
 
6
à force de crier ma plainte,
 
 
ma peau colle à mes os.

 
7
Je ressemble au corbeau du désert,
 
 
je suis pareil à la hulotte des ruines :
 
8
je veille la nuit,
 
 
comme un oiseau solitaire sur un toit.
 
9
Le jour, mes ennemis m’outragent ;
 
 
dans leur rage contre moi, ils me maudissent.

 
10
La cendre est le pain que je mange,
 
 
je mêle à ma boisson mes larmes.
 
11
Dans ton indignation, dans ta colère,
 
 
tu m’as saisi et rejeté :
 
12
l’ombre gagne sur mes jours,
 
 
et moi, je me dessèche comme l’herbe.

           

 
13
Mais toi, Seigneur, tu es là pour toujours ;
 
 
d’âge en âge on fera mémoire de toi.
 
14
Toi, tu montreras ta tendresse pour Sion[1] ;
 
 
il est temps de la prendre en pitié : l’heure est venue.
 
15
Tes serviteurs ont pitié de ses ruines,
 
 
ils aiment jusqu’à sa poussière.

 
16
Les nations craindront le nom du Seigneur,
 
 
et tous les rois de la terre, sa gloire :
 
17
quand le Seigneur rebâtira Sion,
 
 
quand il apparaîtra dans sa gloire,
 
18
il se tournera vers la prière du spolié,
 
 
il n’aura pas méprisé sa prière.

 
19
Que cela soit écrit pour l’âge à venir,
 
 
et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu :
 
20
« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s’est penché ;
 
 
du ciel, il regarde la terre
 
21
pour entendre la plainte des captifs
 
 
et libérer ceux qui devaient mourir. »

 
22
On publiera dans Sion le nom du Seigneur
 
 
et sa louange dans tout Jérusalem,
 
23
au rassemblement des royaumes et des peuples
 
 
qui viendront servir le Seigneur.

           

 
24
Il a brisé ma force en chemin,
 
 
réduit le nombre de mes jours.
 
25
Et j’ai dit : « Mon Dieu,
 
 
ne me prends pas au milieu de mes jours ! »

 
 
Tes années recouvrent tous les temps : †
 
26
autrefois tu as fondé la terre ;
 
 
le ciel est l’ouvrage de tes mains.

 
27
Ils passent, mais toi, tu demeures : †
 
 
ils s’usent comme un habit, l’un et l’autre ;
 
 
tu les remplaces comme un vêtement.

 
28
Toi, tu es le même ;
 
 
tes années ne finissent pas.
 
29
Les fils de tes serviteurs trouveront un séjour,
 
 
et devant toi se maintiendra leur descendance.
Doxologie
 
 
Gloire au Père… Voir le détail
Après un distique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après un tristique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, †
 
 
au Dieu qui est, qui était et qui vient, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après une strophe de quatre ou six lignes :
 
 
Rendons gloire au Père tout-puissant,
 
 
à son Fils, Jésus Christ, le Seigneur,
 
 
à l’Esprit qui habite en nos cœurs,
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Oraison
Dieu qui es de toujours à toujours, alors que ciel et terre s’usent comme un vêtement, Dieu qui es sans commencement ni fin, alors que l’homme s’en va comme l’herbe, tu as entendu la plainte de Jésus, brisé au milieu de ses jours, outragé, solitaire et condamné à mort. Il est temps de prendre en pitié ton Église : qu’elle fasse apparaître ta gloire en se tournant vers les déshérités ; qu’elle soit le peuple à nouveau créé où s’assembleront tous les peuples de la terre pour faire mémoire de toi d’âge en âge.

Version œcuménique. Texte liturgique.
Copyright © 2012 A.E.L.F. pour la traduction des psaumes, les oraisons et les titres.
Tous droits réservés.

Psalmodiez à l’aide de tons simples
Si vous êtes débutant ou si vous manquez d’expérience, voici quelques tons simples, accompagnés de pré-écoutes, qui vous permettront d’accéder à tout l’art de la psalmodie par versets.
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Éclairage sur le Psaume 101
Prière d’Israël captif.
— Ce Psaume a été composé par un auteur inconnu, vers la fin de la captivité, alors que les indications prophétiques de Jérémie permettaient aux exilés d’entrevoir leur prochaine délivrance. L’auteur expose à Dieu ses souffrances personnelles, causées par les malheurs de sa nation ; mais, comme ses souffrances sont celles de tous ses compatriotes, il leur fournit ainsi une prière que chacun pourra redire à son tour du fond de son exil.
— Humble demande de secours (vers. 2-3) ; peinture de sa misère (4-12) ; ferme espérance du rétablissement de Sion et de la nation israélite (13-23) ; Dieu qui est éternel et immuable ne saurait manquer à ses promesses : Israël continuera d’habiter le pays donné à ses pères (24-29).
— Ce Psaume a un rapport indirect avec le Messie : d’une part, le retour de la captivité est la figure de la rédemption du genre humain par le Fils de Dieu fait homme ; de l’autre, la gloire universelle du vrai Dieu, annoncée vers. 12 et suiv., ne sera réalisée que par l’avènement de Jésus-Christ.
— L’Église l’a mis au rang des psaumes pénitentiaux : c’est le cinquième (voir aussi Ps 6, Ps 31, Ps 37, Ps 50, Ps 129, Ps 142). Elle se plaît à le répéter avec et pour ceux de ses enfants qui gémissent sous le poids des misères et des douleurs de la vie présente, et sous le fardeau plus lourd encore de leurs péchés. Extrait du Psautier Monastique №370 de 1938, Éditions Sainte-Madeleine
Notes
  1. Sion désigne la vieille ville de Jérusalem ( voir la carte) dont le roi David s'empara aux environs de l'an 1000 av. J-C (2 S 5, 6-10). De Sion vient le mot sionisme, qui désigne le mouvement qui a amené les Juifs dispersés à coloniser, puis à reconquérir la Palestine sur plus d'un siècle (Is 35, 10; 62).
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