Le roi David jouant de la harpe
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« Celui qui psalmodie dans la Liturgie des Heures ne psalmodie pas tellement en son propre nom qu’au nom de tout le Corps du Christ, et même en tenant la place du Christ lui-même. Lire la suite...Si l’on se rappelle cela, les difficultés disparaissent, au cas où l’on s’aperçoit que les sentiments intimes, tandis que l’on psalmodie, sont en désaccord avec les sentiments exprimés par le psaume ; par exemple, si étant accablé de tristesse, on rencontre un psaume de jubilation, ou bien, dans le succès, un psaume de lamentation. Dans la prière purement privée, il est facile d’éviter cet inconvénient, car on est libre de choisir un psaume accordé à ses sentiments. Mais dans l’office divin, on ne psalmodie pas à titre privé : c’est au nom de l’Église que le cycle officiel des psaumes est pratiqué même par celui qui dit une Heure en étant seul. Celui qui psalmodie au nom de l’Église peut toujours trouver un motif de joie ou de tristesse car, en ce sens aussi, se vérifie la parole de l’Apôtre : “Joyeux avec ceux qui sont joyeux, pleurant avec ceux qui pleurent” (Rm 12, 15) ; et ainsi la fragilité humaine, blessée par l’amour de soi, est guérie à ce niveau de charité où l’âme s’accorde avec la voix chez celui qui psalmodie. » PGLH №108, Cf. Saint Benoît, Règle

Psaume 136 (hébreu 137)

Si je t’oublie, Jérusalem...

 
1
Au bord des fleuves de Babylone[1]
 
 
 nous étions assis et nous pleurions, †
 
 
nous souvenant de Sion[2] ; *
 
2
aux saules des alentours
 
 
 nous avions pendu nos harpes.

 
3
C’est là que nos vainqueurs
 
 
 nous demandèrent des chansons, †
 
 
et nos bourreaux, des airs joyeux : *
 
 
« Chantez-nous, disaient-ils,
 
 
 quelque chant de Sion. »

 
4
Comment chanterions-nous
 
 
 un chant du Seigneur †
 
 
sur une terre étrangère ? *
 
5
Si je t’oublie, Jérusalem,
 
 
 que ma main droite m’oublie !

 
6
Je veux que ma langue
 
 
 s’attache à mon palais †
 
 
si je perds ton souvenir, *
 
 
si je n’élève Jérusalem,
 
 
 au sommet de ma joie.
Doxologie
 
 
Gloire au Père… Voir le détail
Après un distique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après un tristique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, †
 
 
au Dieu qui est, qui était et qui vient, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après une strophe de quatre ou six lignes :
 
 
Rendons gloire au Père tout-puissant,
 
 
à son Fils, Jésus Christ, le Seigneur,
 
 
à l’Esprit qui habite en nos cœurs,
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Oraison
Seigneur, si le monde nous persécute à cause du nom de Jésus, souviens-toi de nous ! Aide-nous à pardonner, au nom de Jésus, sans jamais pactiser avec le mal. Apprends-nous à nous en remettre à toi pour notre délivrance et notre salut.

Version œcuménique. Texte liturgique.
Copyright © 2012 A.E.L.F. pour la traduction des psaumes, les oraisons et les titres.
Tous droits réservés.

Psalmodiez à l’aide de tons simples
Si vous êtes débutant ou si vous manquez d’expérience, voici quelques tons simples, accompagnés de pré-écoutes, qui vous permettront d’accéder à tout l’art de la psalmodie par versets.
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Éclairage sur le Psaume 136
Face au ravage du mal, un cri !
La haine a sa place dans la prière. Sinon, comment pourrait-elle se guérir ? Car le mal du monde nous tenaille et nous ronge, nous mêmes et tant d’autres, autour de nous et loin de nous. Et de fait, ils sont nombreux les psaumes qui disent de façon forte et parfois terrible le poids de la haine, de la rudesse totale qui en l’homme emporte les digues du côté du non-sens, jusqu’à ce que puisse revenir une forme de paix, si toutefois cela est possible. Et parfois la prière s’inscrit dans ce moment intermédiaire du doute, quelquefois total.
Ainsi la prière, et pour leur part les psaumes, s’expriment-ils parfois en des mots rudes, râpeux, cris des tréfonds. Mais mieux vaut prier mal que de ne pas prier du tout, enseigne discrètement le Psautier. À moins qu’il n’interroge de fait aussi sur qu’est-ce que prier ? La réponse apprise, souvent, enseigne qu’il y faut des mots polis et quelque peu feutrés, filtrés peut-être. Que l’on ne peut parler à Dieu de tout, ou du moins qu’il faut s’abstenir quand le cœur est trop terne ou, à l’opposé, violent. On repense ici à Thérèse d’Avila, rappelant ses sœurs à plus de vigueur dans la prière : « Le monde est en feu, ce n’est pas le moment de parler avec Dieu de choses de petite importance ! » Les psaumes ouvrent la voie, comme on le dit parfois des montagnards sur des parois exposées souvent plein nord. Car c’est en priant que le cœur s’apaisera et peu à peu retrouvera les mots ou le cœur de Dieu, sa Torah. Extrait du Guide de lecture et de prière des Psaumes, Sous la direction de Jacques Nieuviarts et Jean-Pierre Prévost, éditions Bayard
Notes
  1. Babylone est une ville antique de Mésopotamie située sur les rives de l'Euphrate dans l'actuel Irak, à environ 100 km au sud de l'actuelle Bagdad ( voir la carte). Elle fut à plusieurs reprises la capitale de Mésopotamie. On la connait surtout sous le règne de Nabuchodonosor (605-562 av. J-C). Ce roi incendia la ville et le temple de Jérusalem et déporta les élites Juives dans la région de Babylone (Jr 52). C'est lorsque Babylone fut prise à son tour par les Perses de Cyrus en 537 av. J-C que les Juifs purent rentrer dans leur pays. Le psaume 136 parle de cet exil.
  2. Sion désigne la vieille ville de Jérusalem ( voir la carte) dont le roi David s'empara aux environs de l'an 1000 av. J-C (2 S 5, 6-10). De Sion vient le mot sionisme, qui désigne le mouvement qui a amené les Juifs dispersés à coloniser, puis à reconquérir la Palestine sur plus d'un siècle (Is 35, 10; 62).
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