Le roi David jouant de la harpe
Index Table
Psaume précédent Psaume suivant
« Qu’est-ce donc que le psaume ? C’est un instrument de musique dont joue le saint Prophète avec l’archet du Saint-Esprit et dont il fait résonner sur la terre la douceur céleste. Avec les lyres et leurs cordes, […] il rythme les voix différentes et inégales et dirige le cantique de louange divine vers les hauteurs du ciel. » Saint Ambroise
Langue française
 
Universalis lingua
Jésus a cité
ce psaume
v. 2 : Mt 27,46
v. 2 : Mc 15,34
v. 8b : Mc 15,29

Psaume 21 (hébreu 22)

Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

 
2
Mon Dieu, mon Dieu,
 
 
   pourquoi m’as-tu abandonné ? *
 
 
Le salut est loin de moi,
 
 
   loin des mots que je rugis.

 
3
Mon Dieu, j’appelle tout le jour,
 
 
   et tu ne réponds pas ; *
 
 
même la nuit,
 
 
   je n’ai pas de repos.

 
4
Toi, pourtant, tu es saint,
 
 
toi qui habites les hymnes d’Israël !
 
5
C’est en toi que nos pères espéraient,
 
 
ils espéraient et tu les délivrais.
 
6
Quand ils criaient vers toi, ils échappaient ;
 
 
en toi ils espéraient et n’étaient pas déçus.

 
7
Et moi, je suis un ver, pas un homme,
 
 
raillé par les gens, rejeté par le peuple.
 
8
Tous ceux qui me voient me bafouent,
 
 
ils ricanent et hochent la tête :
 
9
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
 
 
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

 
10
C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère,
 
 
qui m’a mis en sûreté entre ses bras.
 
11
À toi je fus confié dès ma naissance ;
 
 
dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.

           

 
12
Ne sois pas loin : l’angoisse est proche,
 
 
je n’ai personne pour m’aider.
 
13
Des fauves nombreux me cernent,
 
 
des taureaux de Basan m’encerclent.
 
14
Des lions qui déchirent et rugissent
 
 
ouvrent leur gueule contre moi.

 
15
Je suis comme l’eau qui se répand,
 
 
tous mes membres se disloquent.
 
 
Mon cœur est comme la cire,
 
 
il fond au milieu de mes entrailles.
 
16
Ma vigueur a séché comme l’argile,
 
 
ma langue colle à mon palais.

 
 
Tu me mènes à la poussière de la mort. †

 
17
Oui, des chiens me cernent,
 
 
une bande de vauriens m’entoure.
 
 
Ils me percent les mains et les pieds ;
 
18
je peux compter tous mes os.

 
 
Ces gens me voient, ils me regardent. †
 
19
Ils partagent entre eux mes habits
 
 
et tirent au sort mon vêtement.

 
20
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
 
 
ô ma force, viens vite à mon aide !
 
21
Préserve ma vie de l’épée,
 
 
arrache-moi aux griffes du chien ;
 
22
sauve-moi de la gueule du lion
 
 
et de la corne des buffles.

           

 
 
Tu m’as répondu ! †
 
23
Et je proclame ton nom devant mes frères,
 
 
je te loue en pleine assemblée.

 
24
Vous qui le craignez, louez le Seigneur, †
 
 
glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob,
 
 
vous tous, redoutez-le, descendants d’Israël.

 
25
Car il n’a pas rejeté,
 
 
il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ;
 
 
il ne s’est pas voilé la face devant lui,
 
 
mais il entend sa plainte.

 
26
Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;
 
 
devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
 
27
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
 
 
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :
 
 
 « À vous, toujours, la vie et la joie ! »

 
28
La terre entière se souviendra
 
 
 et reviendra vers le Seigneur,
 
 
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
 
29
« Oui, au Seigneur la royauté,
 
 
le pouvoir sur les nations ! »

 
30
Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ;
 
 
promis à la mort, ils plient en sa présence.

 
31
Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
 
 
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
 
32
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
 
 
Voilà son œuvre !
Doxologie
 
 
Gloire au Père… Voir le détail
Après un distique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après un tristique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, †
 
 
au Dieu qui est, qui était et qui vient, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après une strophe de quatre ou six lignes :
 
 
Rendons gloire au Père tout-puissant,
 
 
à son Fils, Jésus Christ, le Seigneur,
 
 
à l’Esprit qui habite en nos cœurs,
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Oraison
Pourquoi nous abandonner, ô notre Dieu, si tu n’abandonnes jamais ? Pourquoi ne pas répondre, toi qui suscites la prière ? Pourquoi rester si loin, quand tu as notre confiance ? Laisse-nous t’interroger comme le Christ sur la croix. Comme tu l’as sauvé, sauve-nous. Mets sur nos lèvres son action de grâce pour annoncer au monde ton œuvre de salut.

Version œcuménique. Texte liturgique.
Copyright © 2012 A.E.L.F. pour la traduction des psaumes, les oraisons et les titres.
Tous droits réservés.

Psalmodiez à l’aide de tons simples
Si vous êtes débutant ou si vous manquez d’expérience, voici quelques tons simples, accompagnés de pré-écoutes, qui vous permettront d’accéder à tout l’art de la psalmodie par versets.
Pour en savoir plus sur la psalmodie cliquez-ici.
Éclairage sur le Psaume 21
Prière du Christ en croix.
— Cette prière est un passage de la nuit au jour. La première partie est sombre, la seconde est comme un lever du soleil qui fait renaître à la vie et met la joie au cœur des hommes. C’est la longue plainte du persécuté qui, au bord de l’abîme, retrouve assurance et certitude. Extrait de La bible des peuples
Prophétie de la Passion de Notre-Saigneur.
— Nous avons dans ce Psaume la prophétie la plus circonstanciée et la plus saisissante de la passion, de la mort et de la résurection de Jésus Christ, ainsi que la conversion du monde qui en fut la conséquence. « Les souffrances du Christ, dit S. Augustin, sont ici racontées aussi clairement que dans l’Évangile. » C’est moins une prophétie qu’une histoire écrite mille ans avant l’événement. Mû par l’Esprit Saint, David rappelle ses persécutions passées (voy. 1 Roi, 23, 25 sv.) et exprime son espérance d’un prochain triomphe, dans un langage qui ne trouve son parfait accomplissement que dans le Messie, dont il est une des principales figures. Extrait du Psautier Monastique №370 de 1938, Éditions Sainte-Madeleine
Une voix bouleversante.
— « Mais qu’est-ce qui vient de t’arriver, ô David ! Voici que tout à coup au fond de toi, il t’est arrivé une autre voix ! une autre, pas la tienne. La tienne et pas la tienne. Ah ! quelle est donc cette voix nouvelle, cette voix déchirante, insoutenable ? La mienne et pas la mienne ! ‘O mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?’ » Paul Claudel
Index Table
Psaume précédent Psaume suivant