Le roi David jouant de la harpe
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Jésus a dit : « Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Saint Luc 24, 44

Psaume 56 (hébreu 57)

Que ta gloire domine la terre

 
2
Pitié, mon Dieu, pitié pour moi !
 
 
En toi je cherche refuge,
 
 
un refuge à l’ombre de tes ailes,
 
 
aussi longtemps que dure le malheur.

 
3
Je crie vers Dieu, le Très-Haut,
 
 
vers Dieu qui fera tout pour moi.
 
4
Du ciel, qu’il m’envoie le salut :
 
 
(mon adversaire a blasphémé !).
 
 
Que Dieu envoie son amour et sa vérité !

 
5
Je suis au milieu de lions
 
 
et gisant parmi des bêtes féroces ;
 
 
ils ont pour langue une arme tranchante,
 
 
pour dents, des lances et des flèches.

6
Dieu, lève-toi sur les cieux :
 
 
que ta gloire domine la terre !

 
7
Ils ont tendu un filet sous mes pas :
 
 
 j’allais succomber. *
 
 
Ils ont creusé un trou devant moi,
 
 
ils y sont tombés.

           

 
8
Mon cœur est prêt, mon Dieu, †
 
 
mon cœur est prêt ! *
 
 
Je veux chanter, jouer des hymnes !

 
9
Éveille-toi, ma gloire ! †
 
 
Éveillez-vous, harpe, cithare, *
 
 
que j’éveille l’aurore !

 
10
Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur,
 
 
et jouerai mes hymnes en tous pays.
 
11
Ton amour est plus grand que les cieux,
 
 
ta vérité, plus haute que les nues.

12
Dieu, lève-toi sur les cieux :
 
 
que ta gloire domine la terre !
Doxologie
 
 
Gloire au Père… Voir le détail
Après un distique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après un tristique :
 
 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, †
 
 
au Dieu qui est, qui était et qui vient, *
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Après une strophe de quatre ou six lignes :
 
 
Rendons gloire au Père tout-puissant,
 
 
à son Fils, Jésus Christ, le Seigneur,
 
 
à l’Esprit qui habite en nos cœurs,
 
 
pour les siècles des siècles. Amen.
Oraison
Dieu Très-Haut qui as tout fait pour nous, sois notre refuge dans le malheur. Par ton amour et ta vérité, envoie-nous le salut. Avec Jésus que tu as élevé dans le ciel, nous chanterons ton immense gloire.

Version œcuménique. Texte liturgique.
Copyright © 2012 A.E.L.F. pour la traduction des psaumes, les oraisons et les titres.
Tous droits réservés.

Psalmodiez à l’aide de tons simples
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Éclairage sur le Psaume 56
Prière matinale de l’affligé
Ce psaume chante la Passion du Seigneur (Saint Augustin). Extrait du Psautier monastique de Solesmes
Prière du matin dans la souffrance
— C’est une nuit de ténèbres, où rodent des bêtes féroces. L’orant attend que l’aube surgisse, afin que la lumière l’emporte sur l’obscurité et les peurs. Tel est l’arrière-plan du psaume 56 […] : un chant nocturne qui prépare l’homme en prière à la lumière de l’aurore, attendue dans l’angoisse, afin de pouvoir louer le Seigneur dans la joie (v. 9-12). En effet, le psaume passe de la lamentation dramatique adressée à Dieu à l’espérance sereine et au remerciement joyeux, celui-ci exprimé par des mots qui résonneront encore par la suite dans un autre psaume (cf. Ps 107,2-6). Pratiquement, on assiste au passage de la peur à la joie, de la nuit au jour, du cauchemar à la sérénité, de la supplication à la louange. C’est une expérience fréquemment décrite dans le psautier : « Tu as changé mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie, pour que mon cœur ne se taise pas, qu’il soit en fête pour toi, et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce » (Ps 29, 12-13).
— Il y a donc deux moments dans ce psaume 56 sur lequel nous méditons. Le premier concerne l’expérience de la crainte devant l’assaut du mal qui tente de frapper le juste (v. 2-7). Au centre de la scène, il y a des lions en position d’attaque. Bien vite, cette image se transforme en symbole guerrier, avec lances, flèches, épées. L’orant se sent assailli par une sorte d’escadron de la mort. Autour de lui, il y a toute une bande de chasseurs qui tendent des pièges et creusent des fosses pour capturer la proie. Mais cette atmosphère de tension se dissipe tout de suite. En effet, dès l’ouverture (v. 2), apparaît le symbole protecteur des ailes divines, qui rappellent concrètement l’Arche d’Alliance avec les chérubins ailés, c’est-à-dire la présence de Dieu aux côtés des fidèles dans le Temple saint de Sion.
— L’homme en prière demande instamment que Dieu envoie du ciel ses messagers, auxquels il donne les noms emblématiques de « Fidélité » et de « Grâce » (v. 4), qualités propres à l’amour salvifique de Dieu. Aussi, même s’il frissonne à cause du rugissement terrible des bêtes sauvages et de la perfidie de ses persécuteurs, le fidèle demeure au plus profond de lui-même serein et confiant, comme Daniel dans la fosse aux lions (cf. Dn 6,17-25).
— La présence du Seigneur ne tarde pas à montrer son efficacité, par l’autopunition de ses adversaires : ceux-ci tombent dans la fosse qu’ils avaient creusée pour le juste (v. 7). Cette confiance dans la justice divine, toujours vive dans le psautier, empêche le découragement et la reddition aux forces du mal. Tôt ou tard, Dieu se range du côté du fidèle, et il bouleverse les manœuvres des impies en les faisant tomber dans leurs propres projets mauvais.
— Nous en arrivons ainsi au second moment du psaume, celui de l’action de grâce (v. 8-12). C’est un passage qui brille par son intensité et sa beauté : « Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt ! Je veux chanter, jouer des hymnes ! Éveille toi, ma gloire ! Éveillez-vous, harpe, cithare, que j’éveille l’aurore » (v. 8-9). Désormais, les ténèbres se sont dissipées : l’aube du salut est rendue toute proche par le chant de celui qui prie.
— En s’appliquant à lui-même cette image, le psalmiste traduit peut-être en termes de religiosité biblique, rigoureusement monothéiste, l’habitude des prêtres égyptiens ou phéniciens qui étaient chargés d’« éveiller l’aurore », c’est-à-dire de faire réapparaître le soleil, considéré comme une divinité bienfaisante. Il fait aussi allusion à l’usage de suspendre et de voiler les instruments de musique dans les moments de deuil et d’épreuve (cf. Ps 136,2), et de « les réveiller » au son de la fête dans les moments de libération et de joie. La liturgie fait donc surgir l’espérance : on s’adresse à Dieu en l’invitant à s’approcher à nouveau de son peuple et à écouter sa supplication. Souvent, dans le psautier, l’aube est le moment de l’exaucement divin, après une nuit de prière.
— Le psaume se termine alors par un chant de louange adressé au Seigneur, qui est à l’œuvre avec ses deux grandes qualités salvifiques, déjà apparues, avec des termes différents, dans la première partie de la supplication (v. 4). Désormais sont en scène, comme personnifiées, la Bonté et la Fidélité divines. Elles inondent les cieux de leur présence et sont comme la lumière qui brille dans l’obscurité des épreuves et des persécutions (v. 11). Pour cette raison, le psaume 56 s’est transformé, dans la tradition chrétienne, en un chant d’éveil à la lumière et à la joie pascale qui rayonnent dans le fidèle, chassant la peur de la mort et ouvrant l’horizon de la gloire céleste.
— Grégoire de Nysse découvre dans les paroles de ce psaume une sorte de description typique de ce qui se passe dans toute expérience humaine ouverte à la reconnaissance de la sagesse de Dieu. « En effet, il m’a sauvé — s’exclame-t-il — en m’ayant pris sous son ombre dans la nuée de l’Esprit, et ceux qui m’avaient méprisé ont été humiliés » (Sui titoli dei Salmi, Rome, 1994, p. 183).
— Et, se reportant aux expressions qui concluent le psaume, où il est dit : « Dieu, lève-toi sur les cieux : que ta gloire domine la terre ! », il conclut : « Dans la mesure où la gloire de Dieu s’étend sur la terre, accrue par la foi de ceux qui sont sauvés, les puissances célestes, exultant à cause de notre salut, chantent des hymnes à la louange de Dieu » (ibid., p. 184).
Audience générale de Jean-Paul II le 19 septembre 2001
Extrait de « Prier les psaumes avec Jean-Paul II », aux éditions Bayard
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